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Claire et Gabrielle

Gabrielle et Claire se sont rencontrées sur les bancs de la start-up. C’était chez Hello Fresh en 2012. Un an plus tard, poussées par l’air du temps et l’envie de monter un projet de A à Z, elles lancent Nubio. Jus de fruits et légumes pressés à froid, granola, infusions… à l’atelier Nubio, dans le 11ème arrondissement de Paris, on produit chaque jour du 100% détox. Autour d’un verre de “lait doré” (amande + gingembre + curcuma + autres trucs trop bons), nous nous sommes accordés une pause digestive avec Claire et Gabrielle, gorgée de vitamines et d’anecdotes sur leur(s) vie(s).
 
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Pouvez-vous nous parler de vos parcours et du moment où ils se croisent ?

Claire : Je viens de Douarnenez, un petit port breton. Après une prépa HEC et l’ESC Grenoble, j’ai travaillé pour des sites d’information et de e-commerce. J’ai été consultante pour des grandes entreprises et ça ne me plaisait pas du tout. J’étais vraiment une handicapée de l’entreprise, jusqu’à ce que je travaille pour une start-up. C’est là, chez Hello Fresh en 2012, que j’ai rencontré Gabrielle. Ce que j’ai adoré dans ce projet, c’est faire un truc de A à Z. Cela n’a duré qu’un an. Après, on a monté Nubio.

Gabrielle : Je viens d’une famille de 5 enfants dont je suis l’aînée. J’ai longtemps hésité sur le contenu de mes études, médecine, prépa HEC… Finalement, j’ai fait une prépa bio et je suis devenue ingénieure agronome. Je suis très attirée par tout ce qui est vivant, et plus particulièrement par l’innovation autour de l’alimentaire. J’ai fait des stages dans de gros groupes, chez Danone par exemple. J’ai choisi d’aller chez Hello Fresh parce que j’étais très attirée par le côté start-up. On avait les mains dedans, on changeait les process toutes les semaines tellement ça allait vite, on était hyper responsabilisées, c’était très enrichissant. Et on s’est rencontrées. On est complémentaires avec Claire, totalement alignées sur nos objectifs. C’est comme ça qu’on a monté Nubio. Je viens d’une famille d’entrepreneurs, donc c’était écrit quelque part je pense.

Claire : Alors que moi pas du tout ! Quand j’étais à l’école, j’idéalisais l’entreprise, comme un monde mystérieux qui allait m’apporter beaucoup de bonheur. J’ai été très déçue. Venant d’une famille d’enseignants, je pense qu’il me manquait les codes. C’était pas trop ma culture. Nubio est une entreprise extrêmement différente, je le dis aux personnes qui viennent travailler ici, surtout pour un premier job. Ici, tout est possible, la liberté est infinie si on aime prendre des responsabilités. Ce qui est génial quand on est entrepreneur, c’est de construire une entreprise comme on le souhaite. On redéfinit le business, le management, le produit.

Gabrielle : On apprend des trucs tous les jours. Quand on monte sa boîte, on est naïf, on ne sait pas dans quoi on met les pieds. Et au quotidien, on ne fait pas que son métier. Pour Nubio, on est parties de rien. On a toutes les deux mis les mains dedans tout de suite et on a tout fait : les jus, le site Internet… Il nous a fallu beaucoup d’énergie et de temps. Aujourd’hui, on connait très bien notre produit !

Claire : Au-delà de gérer une entreprise qui crée beaucoup d’emplois, notre ambition est d’avoir un impact sur le secteur. Il n’y a pas d’entreprise qui fait ce qu’on fait, c’est-à-dire concevoir, tester, produire et vendre. Nous, on fait tout. Et le truc sur lequel on aimerait avoir de l’impact, c’est la transparence sur des produits qui sont bien faits. On est incapables de faire des produits bullshit. Beaucoup de gens ne sont pas habitués à boire des jus de légumes verts, donc il y a aussi une partie “éducation du palais”, en plus de l’ “éducation du marché”.  

Avant Nubio, de quoi étaient faites vos journées ?

Gabrielle : On a toujours toutes les deux travaillé beaucoup. On n’est pas du genre à se planquer. Je n’aime pas l'inefficacité.

Claire : Moi je deviens neurasthénique si je n’ai pas 10 000 trucs à faire !

Gabrielle : Là où les journées diffèrent c’est qu’on ne se réveille pas avec le même objectif.

Claire : Ce qui change énormément quand tu es à l'origine et à la tête d'un projet, c’est que tu ne penses plus qu’à toi, mais à tous les gens qui vivent grâce à ta boîte. On a toutes les deux eu des enfants l’année dernière, et il n’y a pas un seul jour où je me suis dit “je ne pense qu’à moi et mon bébé”, c’est impossible. Avant Nubio, je ne me sentais pas responsable.

Gabrielle : Quand tu as ta boîte, c’est bien de se rappeler que tu peux en faire ce que tu veux. Claire dit souvent une phrase que j’aime bien, “c’est à toi de définir les règles”.

Claire : Parfois, la passion rend la vie déséquilibrée. Si on n’est plus passionné, je me demande si on peut emmener sa boîte très loin. Parfois, je me dis que Nubio n’est rien dans l’univers. Mais si tu commences à relativiser…

Gabrielle : … bah tu fais plus rien.

Claire : Mon travail aujourd’hui, c’est de ne pas me sentir coupable, soit de trop travailler, soit d’être vraiment avec ma famille, c’est un process. J’avais moins de cas de conscience avant.

Le défaut (pro) que vous préférez chez l’autre ?

Claire : Le défaut de Gabrielle c’est qu’elle va tout analyser avant de prendre une décision. Mais je trouve que c’est vachement bien parce qu’au final, sur plein de décisions stratégiques où moi je foncerais, Gabrielle fait des tests, visite des usines etc.

Gabrielle : Parfois Claire a des tas d’idées hyper précises en tête, et quand elle nous parle de la fin du cheminement sans qu’on ait eu le départ, on est un peu perdu.

Claire : C’est vrai que j’ai un peu tendance à penser que tout le monde pense comme moi.
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« On n’est pas du genre à se planquer. »
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Comment avez-vous construit votre équipe ?

Gabrielle
: Il y a le fond et la forme. La première équipe qu’on a créée, c’est celle qui fabrique des jus tous les jours. Au tout début, on avait le American Apparel du jus avec des étrangers qui venaient 6 mois à Paris. Ils nous apportaient plein d’idées et d’énergie mais ce n’était pas du tout pérenne.

Claire : On s’est énormément trompées et je pense qu’on se trompera encore, parce qu’il n’y a pas de règles. Après, on a de la chance parce qu’on reçoit beaucoup de candidatures spontanées. C’est les gens qu’on va regarder en priorité.

Gabrielle : On recherche des gens qui ont des compétences et qui en même temps peuvent tout faire. Des gens qui nous aident à grandir, qui apportent des idées, n’ont pas peur de les mettre en place et de se battre pour elles.

Claire : C’est aussi pour ça qu’on a du mal à monter notre équipe, c’est parce qu’on veut du slash. Ca fait peur, les gens ne pensent pas pouvoir y arriver. On part du principe que tout le monde est multi-fonction parce qu’on l’est à fond, alors que certaines personnes n’aiment pas qu’on les pousse jusqu’à leurs limites. On a travaillé avec des gens qui ont de grandes valeurs mais qui ne nous suivaient pas là-dessus. Après, on n’est pas pour tout le monde, si ça ne matche pas, c’est pas grave.

Le meilleur conseil que vous vous êtes respectivement donné ?

Gabrielle : Un truc que Claire m’a dit et qui m’a aidé, c’est “tu te noies dans ton verre d’eau toute seule”. Je me le répète régulièrement.

Claire : Moi, j’ai un côté ultra sensible vis-à-vis des relations, et Gabrielle me fait relativiser. J’ai un petit côté rancunier tandis que Gabrielle ne se rappelle que des trucs bons. C’est un héritage de la sélection naturelle. Les mecs qui avaient la capacité de stocker avaient plus de chance de survie. Pareil pour les mecs anxieux. Voilà, donc on est de bons produits de l’évolution : des gens anxieux qui stockent leurs graisses !

Quelle est votre dernière décision commune ?

Claire : Notre dernière décision, c’est de tenir nos décisions. Même si on a envie de changer 10 000 fois. On a perdu trop de temps.

La journée detox idéale ?

Claire : Il faut se déconnecter de son téléphone.

Gabrielle : Et beaucoup dormir avant pour se lever tôt et faire plein de choses.

Claire : Ton enfant est là, mais pas tout le temps.

Gabrielle : Ne manger que des super bons produits.

Claire : Boire Nubio.

Gabrielle : Faire un massage.

Claire : Partager du temps avec un ami.

Claire : Faire un peu de méditation. Un cours de kundalini pour moi.

Gabrielle : Moi, plutôt un petit cours où je vais me défouler.

Claire : Et le soir, dîner avec mon mari. Je prends le temps de mettre des petites bougies et de faire brûler du Palo Santo (bois sacré qui purifie l’air et apaise).

Pourriez-vous travailler ailleurs qu’à Paris ?

Claire : Je suis assez attirée par une expérience professionnelle ailleurs, mais je pense que je me sentirais un peu seule avec mes idées.

Gabrielle : C’est jamais facile de bouger, tu sais ce que tu perds, tu ne sais jamais ce que tu vas trouver. À Paris il y a une émulation, une stimulation de nouveauté et de rencontres, qui est juste hyper riche. Après, je pense que ça dépend des stades de la vie de l’entreprise.

Claire : Nubio pourrait trop marcher dans d’autres villes. D’ailleurs, on a un autre pays en tête pour l’année prochaine, mais ce n’est pas forcément nous qui serions sur place. Souvent, j’entends les entrepreneurs dire que s’ils créent leur boîte c’est parce qu’ils cherchent des gens qui partagent les mêmes valeurs qu’eux. L’entreprenariat c’est un bon truc pour attirer une communauté. Il y a des villages en France qui sont à fond green, avec le cinéma du village et tout, et ça, je me dis pourquoi pas. Une vie très zéro conso, zéro waste, ça me plairait presque. J’aurais un potager.

Gabrielle : Je pense que tu t’ennuierais un peu, quand même.

Claire : Je ne m’ennuie jamais. J'écouterai la radio sur ma terrasse face à la mer.

Un conseil pour se connaître soi-même ?

Claire : Monter un projet pro en partant de zéro. Et avoir un enfant. C’est pareil, dans les deux cas t’as pas trop le choix. Ça te force à bouger, à évoluer, à te confronter à toi-même, tes doutes, tes peurs. Je pense que c’est apprendre the hard way.

Gabrielle : À deux, c’est moins stressant. Les décisions ont plusieurs facettes. Et l’autre peut te dire des trucs sur toi, ça te renvoie ce que tu fais. Quand tu montes ta boîte, tu es encore plus toi-même.

Claire : Ton petit côté dragon…

Gabrielle : Oui, il se trouve qu’il ressort plus facilement aujourd’hui. Donc c’est bien qu’il y ait une personne pour calmer le dragon parfois.

Claire : Et à deux, tu peux lâcher le truc, prendre des vacances. Tu peux te reposer sur quelqu’un, comme dans un couple.

Gabrielle : Il faut rester à l’écoute aussi. Si tu n’écoutes pas ce que les gens ou les clients te disent, si tu restes dans ton truc, tu ne progresses pas et tu ne te connais pas mieux.

Quels sont vos projets à court et long terme ?

Gabrielle : 2018, c’est international pour Nubio.

Claire : On va sortir un seul produit en 2018, il va être juste ouf.

Gabrielle : Aux confins de l’alimentaire et de la beauté. Mais on ne peut pas en dire plus, il faut garder le suspense.

Claire : Et continuer à faire des trucs qui nous plaisent, c’est le meilleur moteur.
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« Notre dernière décision, c’est de tenir nos décisions. »

Leur kit slash

  • Claire et Gabrielle
  • Leurs boost songs /

    Boost Song
    C : En ce moment j’écoute Juliette Armanet. Mais ça ne me booste pas particulièrement.
    G : C’est juste mettre de la musique qui me booste, je me fous un peu de ce que je mets.
  • Claire et Gabrielle
  • Leurs destinations
    pour faire le
    point /

    Destination
    C : La Bretagne, devant cette immensité sauvage, magnifique. Ou Montfort-l’Amaury.
    G : La mer, sur un bâteau, au soleil.
  • Leurs livres
    de chevet /

    Destination
    C : Les livres qui sont sur mon chevet en ce moment : How not to die, de Michael Greger et le Carnet d’une late bloomer, de Catherine Taret.
    G : Ce sont plutôt des albums de photos, qui me font m’évader.
  • Leurs comptes instagram
    d'inspiration /

    Destination
    C : J’aime bien cette fille, @freklesnur. C’est vachement beau.
    G : Je ne regarde pas trop Instagram. Seulement le compte Nubio. Et celui de ma sœur.
  • Leurs MOOC /

    Destination
    C : Je suis très podcasts, How I built this, Sur les épaules de Darwin
    G : J’apprends plus de tous les entrepreneurs qu’on rencontre.

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